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La Maltraitance

 

Qu’est-ce que la maltraitance à enfant ?

 

La maltraitance est définie par le non-respect des droits et des besoins fondamentaux de l’enfant à savoir sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation, son développement physique, affectif, intellectuel et social (article 375 du Code civil).

Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements entrainant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. Elle comprend les violences physiques et éducatives, psychologiques, affectives et sexuelles, ainsi que la cruauté, la négligence et l’exploitation commerciale envers toute personne de moins de 18 ans. Elle est responsable de conséquences graves à vie sur le développement physique ou psychologique de ceux qui en sont victimes.

 

Est-ce fréquent ?

 

La maltraitance à enfant est un problème mondial complexe et difficile à étudier. Elle existe dans tous les pays et dans tous les milieux culturels et socio-éducatifs.

Elle est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit. En 2017, en France :

-Un adulte sur 4 déclare avoir subi des violences physiques dans son enfance.

-Un adulte sur 3 déclare avoir subi des violences psychologiques et de la négligence émotionnelle dans son enfance.

-Une femme sur 5 et un homme sur 13 disent avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance.

 

Qui maltraite les enfants ?

 

80% des enfants sont maltraités par leurs parents ou ceux qui en ont la garde.

La maltraitance existe dans tous les milieux. Elle débute le plus souvent très tôt dès les premiers jours de vie.

Elle peut également intervenir dans l’univers de l’enfant : école, quartier, activités extra scolaires et sportives, réseaux sociaux, internet…

 

Quelles sont les circonstances qui peuvent conduire à maltraiter un ou son enfant ?

 

Les circonstances sont nombreuses et très diverses :

-Lorsque la conception ou la grossesse ont été difficiles.

-Lorsque l’enfant n’est pas désiré ou ne correspond pas à l’attente : Enfant prématuré, né d’une grossesse multiple, de sexe non voulu… ; Enfant handicapé ou avec une anomalie physique ou mentale ; Enfant avec des troubles du comportement, des besoins spéciaux, des pleurs persistants… (nous vous invitons à lire également la fiche prévention du bébé secoué).

-Lorsque l’on a été séparé de son enfant, notamment à la naissance.

-Lorsque l’on a des difficultés sociales, financières, professionnelles ou affectives. Lorsque les conditions de nourriture ou de logement ne sont pas appropriées. Lorsque l’on ne peut pas assurer les soins médicaux et les traitements.

-Lorsque l’on est seul, que l’on se sent isolé, notamment vis-à-vis de la communauté avec laquelle on a les mêmes intérêts et valeurs culturelles.

-Lorsque la cellule familiale est éclatée ou que l’on n’a pas de soutien pour l’éducation de son enfant.

-Lorsque l’on est énervé, épuisé ou que l’on perd le contrôle en tant qu’adulte. Lorsque l’on ne comprend pas les attentes de son enfant ou que l’on se sent débordé.

-Lorsque l’on a subi soi-même des violences dans son enfance.

-Lorsque l’on subit soi-même des violences physiques ou psychologiques de la part de son conjoint.

-Lorsque l’un des deux parents souffre d’une pathologie mentale, d’alcoolisme ou de toxicomanie.

-Lorsque les normes sociales et culturelles encouragent la violence, y compris l’usage des châtiments corporels et exigent un respect absolu des rôles sociaux dévolus à chaque sexe ou amoindrissent le statut de l’enfant. En utilisant la violence éducative, on ne fait que renforcer la conviction que l’on a le droit et raison de frapper un plus faible, que l’on fait du bien en faisant du mal et que faire souffrir est légitime. Elle nourrit la violence sociale et l’agression.

 

Quelles sont les conséquences ?

 

Les conséquences sont graves et parfois mortelles. La maltraitance dans l’enfance altère à vie la santé physique et/ou psycho-affective de ceux qui en sont victimes avec, au minimum, des répercussions socioprofessionnelles à long terme.

Les conséquences sont multiples et nombreuses allant des contusions, fractures, brûlures, aux retentissements sur le développement physique et mental de l’enfant, avec un retard des acquisitions et des apprentissages, des troubles du développement et du langage, des difficultés pour vivre en société... Certaines formes de maltraitance peuvent entraîner des lésions cérébrales responsables d’un handicap irréversible ou la mort (lire la fiche prévention du bébé secoué). D’autres formes ont des conséquences psychologiques rendant la vie sociale et affective difficiles à long terme, responsables de troubles du comportement, d’isolement, de comportement à risque, d’alcoolisme, de prise de toxiques et de tranquillisants, et de tentative(s) de suicide.

 

Peut-on prévenir la maltraitance ?

 

Oui, si nous sommes tous vigilants. La reconnaissance des manifestations, la lecture des signaux d’alerte et le signalement rapide réduisent l’impact et les séquelles de la maltraitance.

- Il n’y a pas, le plus souvent, un seul signe révélateur mais une multitude d’indices. Soyons attentifs aux signaux qu’émettent les enfants :

  • Toute modification du comportement habituel dans tous ses lieux de vie (maison, école, activités extra-scolaire…) pour lequel il n’existe pas d’explication claire.
  • Un comportement craintif, replié sur lui-même ou au contraire en opposition, agressif, imprévisible.
  • Des troubles du sommeil (cauchemars à répétition). Des troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, vomissements). Des maux de ventre, de tête ou des signes non spécifiques qui s’inscrivent dans la durée, sans explication rationnelle et/ou non soulagés par les médicaments.
  • Des troubles de la concentration, une baisse des résultats scolaires, des absences ou un comportement d’évitement des activités.
  • Une fugue, une tentative de suicide ou une prise de risque (alcool, toxicomanie, sexuelle).  

- En écoutant la parole de l’enfant, en ne la mettant pas en doute (les propos spontanés d’un enfant sont vrais) et en se préparant à recevoir la confidence d’un enfant maltraité. Les enfants sont les victimes de la maltraitance et ils ne sont jamais à blâmer pour les mauvais traitements qu’on leur inflige.

- En apprenant aux enfants qu’ils sont maîtres de leur corps, qu’il est difficile mais indispensable de dire « non » et comment parler à un adulte de confiance des sévices qu’ils subissent.

- En dépistant et signalant les enfants/adolescentes en risque de subir des mutilations sexuelles (voir lutte contre l’excision) ou un mariage forcé.

- En dépistant et en signalant les violences conjugales. Les enfants élevés au sein de violences conjugales sont eux-mêmes, en plus des violences psychologiques, souvent victimes de violences physiques. Les conséquences sur eux sont dramatiques pour leur développement psychologique et social. La personne qui subit les violences conjugales est incapable de protéger son enfant ; une fois séparée de l’emprise, elle sait élever son enfant avec bienveillance. 

 

- En tant que parent ou responsable d’un enfant, ne restez jamais seul avec vos doutes : Il est normal de se sentir dépassé. Lorsque cela vous arrive et que vous risquez de perdre vos moyens, parlez-en rapidement afin d’obtenir une aide et un soutien. Plus ces interventions auront lieu tôt dans la vie de l’enfant, plus elles seront efficaces et bénéfiques pour l’enfant lui-même, sa famille et pour la société.

- En vous faisant accompagner dans la durée, vous pouvez réduire le risque de répétition des mauvais traitements et minimiser leurs conséquences.

- En acceptant les conseils et les visites à domicile des professionnels de l’enfance.

- En apprenant à connaître la différence entre les contacts physiques appropriés et les gestes déplacés.

 

Nous tous, en signalant la maltraitance chaque fois que l’on en est témoin, nous protégeons l’enfant. L’absence de traitement judiciaire est un déni de la réalité de la maltraitance et donc un manque de protection et de possibilité de prise en charge et d’indemnité adéquates.

 

Demandez conseil : Le médecin est tenu de porter assistance et doit protéger l’enfant.

Parlez-en à votre médecin, à la PMI ou au personnel du service des urgences.

 

Les professionnels de l’enfance sont là pour vous écouter et vous conseiller :

  • 24h/24 et 7jours/7  le site du numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être : « 119 » (anonyme et gratuit)
  • Du lundi au vendredi de 9h à 20h  Numéro Vert d’aide et de soutien à la parentalité « Allo parents bébé » :   0800 003 456

 

D’autres professionnels sont là pour vous écouter et vous conseiller :

  • 24h/24 et 7jours/7  le numéro dédié aux violences faîtes aux femmes : « 3919 »

 

Publié le 06/12/2018

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Site de la HAS Haute Autorité de Santé www.has.fr

Auteurs : Dr N. de Suremain – Dr S. Loschi (Pédiatres)

C. Crosnier-Schoedel (Psychologue) – C. Bremond (Assistance sociale)

 

 

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